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Les Myrtilles bio antioxydant naturel puissant sauvages (Vaccinum myrtillus)

Petits arbustes de 30 cm maximum, sont encore présentes dans les sous bois de certains massifs Limousins (Plateau de Millevaches, Massif des Monédières) mais trop rares actuellement pour répondre à la demande soutenue des consommateurs pour cette petite baie noire, bleutée, recouverte d’une fine pellicule cireuse à la réputation d’une sauvageonne gorgée de micro nutriments bienfaisants pour la santé et réputée en plus, pour renforcer notre vision nocturne.
Les Myrtilliers appartenant au genre Vaccinum, (comme les Canneberges) ne poussent à l’état naturel que dans des sols acides (PH optimum entre 4 et 5,5), à la fois légers et humifères. Ils se plaisent en mi-ombre.
Poussant à l’état naturel en Limousin, la culture s’est tout naturellement développée dans notre région à partir de Myrtilliers arbustifs (Vaccinum corymbosum) originaires d’Amérique du Nord, produisant des “blueberrys” aux fruits nettement plus gros que les variétés sauvages.
Ce sont des arbustes ligneux vivaces, de 1 à 2 m de hauteur pouvant même atteindre plus de 3 m selon les variétés.
Les feuilles alternes vertes, lancéolées, sont caduques. A l’automne, le feuillage des Myrtilliers vire au rouge avant de tomber et contribue au flamboiement de la campagne.

Certaines personnes en plantent d’ailleurs au jardin pour leurs effets décoratifs aux différentes saisons entre fleurs printanières, baies estivales, feuillage pourpre automnal.
Pour planter un verger, dont la durée de vie est de 25 à 35 ans, prendre son temps pour choisir une parcelle ou des terrains adaptés à la culture de myrtilles n’ est pas du temps perdu. Ensuite, la préparation du terrain et les conditions de plantation constituent aussi des points fondamentaux pour la réussite du verger. Pour cela il est nécessaire de bien connaître la physiologie, la morphologie et les besoins des Myrtilliers.

Le Myrtillier est une plante des terrains acides, aux pH compris entre 4,8 et 5,5 maximum. En dessous de 4,8 la culture est exposée au risque de toxicité du Manganèse et au dessus de 5,5, c’est le risque de chlorose.
Un contrainte importante est la régulation de ce taux de Ph qui peut être responsable du mauvais développement des arbustes. Les producteurs biologique peuvent épandre (modérément pour ne pas affecter la vie microbienne du sol) de la fleur de souffre pour abaisser si nécessaire le PH si celui-ci est supérieur à 5,5, apporter de la tourbe, de la terre de bruyère, effectuer des paillis d’aiguilles de pin ou de copeaux de bois. Si le PH est inférieur à 4, l’apport de calcaire magnésien ou de dolomie est préconisé.
Lors de l’implantation du verger, le producteur en mode biologique cherche à améliorer d’emblée le sol pour qu’il soit apte à nourrir naturellement et convenablement les arbustes: en apportant du compost car ces plantes sont exigeantes en matières organiques, du fumier, ou par semis d’engrais vert. L’augmentation de l’apport de tourbe au moment de la plantation qui permet comme indiqué précédemment d’acidifier le sol si nécessaire, mais la tourbe est une importante source d’humus car elle se décompose très lentement.
Les besoins en azote étant assez bas, les besoins sont couverts par les pratiques décrites ci-dessus en cours d’entretien de la culture, notamment par l’apport de compost mûr. Rappelons qu’aucune forme d’azote minérale , aucun composé organique de synthèse ne sont employés en agriculture biologique.
Par contre, l’acidité du terrain rend le magnésium mois assimilable. Pour remédier à cette situation, le producteur biologique apporte cet élément sous une forme naturelle avec le patentkali.
Le choix des variétés entraîne des spécificités du point de vue besoins physiologique et sanitaires de la plante, de sa productivité, de la date de la première récolte et de son échelonnement, de la qualité des fruits sur le plan gustatif, de leur aptitude à être transportés et transformés.
En mode biologique le plant certifié bio est exigé par la majorité des certificateurs, sinon le producteur devraattendre deux ans avant de commercialiser sa production en Bio.
La période idéale de plantation se situe au mois de novembre pour permettre à la plante de s’installer.
Le buisson pouvant se développement d’une manière importante, la densité de plantation conseillée est de 3 mètres à 3,50 mètres entre les rangs. La distance inter-rang dépend de la vigueur potentielle de la variété : 80 cm sur le rang pour les variétés à faible vigueur, à 1,50 mètres pour les autres.
On compte en général 3000 à 4000 plants par ha.

Cultiver les Myrtilliers en Agriculture Biologique

Cultiver les Myrtilliers en Agriculture Biologique

Contrairement à la plante sauvage qui prospère en sous-bois, Vaccinum Corynbosum est une plante de plaine et de lumière qu’il est conseillé de planter à une exposition Sud ou Sud Ouest. Le Myrtillier peut s’implanter jusqu’à 600-800 mètres d’altitude, pourvu qu’il bénéficie de 150 à 180 jours sans gel. Ses besoins annuels en froid varient entre 700 à 1500 heures à température inférieure à 7,2° selon les variétés.
La plante peut résister jusqu’à -30°C, selon lesvariétés et les fleurs peuvent supporter des températures de -5°. Pourtant les dégâts sur fleur peuvent parfois être importants pour certaines variétés plus sensibles comme Patriot, Bluetta, Darow ou Collins. La floraison, généralement étalée permet de répartir les risques.
L’altitude est donc un facteur limitant pour implanter cette culture, par apport au nombre de jours potentiels de végétation.
Le Myrtillier affectionne les terres légères et sablonneuses, ce qui lui permet de prospérer même en terrains pauvres. Il se plaît aussi dans les sols frais et humides sans être gorgés d’eau. Il redoute les sols lourds, argileux et limoneux, conséquence d’un système racinaire superficiel localisé sur une couronne de 45 cm de profond autour de l’arbuste. Mal pourvu en radicelles, il est incapable de se développer dans les sols compacts. Il craint la sécheresse en été et les vents desséchants.
Le terrain idéal est un sol léger, filtrant et humifère avec des possibilités d’irrigation. Un taux minimum de matière organique de 10% est conseillé
Le système racinaire du Myrtillier a une spécificité, qui démontre une fois de plus, l’ingéniosité de la nature : les racines sont mycorhizées, c’est à dire pourvues de champignons qui aident la plante à absorber les éléments dont elle a besoin.

Les inflorescences du Myrtillier forment un corymbe plus ou moins compact ou allongé. Le nombre de fleurs par corymbe est très variable.
Elles forment de petits grelots blancs à blancs verdâtres, parfois veinés de pourpre.
Les fleurs à l’extrémité des inflorescences s’ouvrent avant celles de la base, et dans chaque corymbe c’est le contraire. Il en résulte un certain décalage dans la maturité des fruits et la nécessité d’effectuer plusieurs passages par plants pour la récolte.
Jusqu’à 16 fleurs, myrtilles potentielles, peuvent se développer à partir d’un bourgeon. Un plant mature donne des milliers de boutons floraux, qui donneront des fruits si la pollinisation s’effectue dans de bonnes conditions.

Le pollen du Myrtillier est si lourd et collant qu’il ne peut se déplacer seul et même le vent ne peut le transporter sur de grandes distances. La physiologie de la fleur, tournée vers le bas, empêche le pollen de tomber sur le stigmate (sauf sur les variétés auto-fertile). La pollinisation croisée, permet d’améliorer le calibre des fruits et la précocité de la mise à fruit.

La présence d’insectes est capitale pour réussir la récolte. La fructification s’effectue sur le bois d’un an et plus. Le développement des fruits survient deux à trois mois après la floraison selon les variétés mais aussi selon la température, et la vigueur des plants.
La teneur en sucre du fruit augmente jusqu’à 15% à maturité complète du fruit. Pendant cette période, il se produit aussi une modification des cellules de la parois conduisant à un ramollissement du fruit, et sa fragilité.
La taille du fruit continue à augmenter même quand celui-ci est
devenu bleu, à cause de l’assimilation hydrique. Un manque d’eau à cette période est très dommageable sur le plan de la productivité mais qui affecte aussi la saveur. C’est pourquoi il est important de pouvoir irriguer en cas de sécheresse. Le goutte à goutte est le système privilégié en culture biologique : moins gourmand en eau (2 à 3 mm/jour) et en énergie que l’aspersion, il est aussi très fiable avec un bon suivi et un entretien rigoureux (nettoyage des filtres, surveillance filtration et goutteurs).
Le fruit est une baie sphérique, plus ou moins aplatie, portant comme une grande cicatrice, stigmate nombriliforme de la fleur clochette (?).
La présence de pigments anthocianiques dans le péricarpe donne cette belle couleur bleue à la Baie, annonciatrice d’une telle richesse en micro nutriments, que la Myrtille est à usage médicinal depuis tous les temps. Ce pouvoir soignant était tel, que les Amérindiens considéraient cette petite Baie à fleur d’étoile à cinq branche, comme un Don du “Grand Esprit”. L’industrie pharmaceutique utilise 500 tonnes de myrtilles par an !

La première mise à fruit s’effectue à partir de la deuxième année avec un rendement non significatif qui augmente jusqu’à la huitième année ou dixième année en correllation avec le développement végétatif du buisson. Les premières récoltes varient de 0,5 à 1 kg/pied avec une espérance de 2 à 3kg/pied, soit 6 à 10 tonnes/ha sur l’arbuste adulte.
La récolte des myrtilles s’effectue de mai à fin septembre grâce à l’échelonnement variétal. Comme nous l’avons indiqué précédemment, la maturation des baies est échelonnée sur un même pied. Même si la baie reste attachée à l’arbuste sans altération après maturité, il est nécessaire d’effectuer plusieurs passages dans les rangs. Les fruits cueillis trop tôt ne mûrissent pas et restent d’une qualité médiocre (acidité).
Le rendement d’un cueilleur varie de 4 à 8 kg/heure selon le chargement en fruits. Pour un hectare de culture, il faut prévoir 8 à 15 personnes en pleine cueillette.
Après cueillette, les fruits doivent être entreposés à une température de 8 à 10° où ils conservent l’intégralité de leurs qualités pendant une dizaine de jours (où 18 jours à 4°).
La France importe des Myrtilles, principalement des pays de l’Est et du Canada. Ces myrtilles d’importations, congelées sont destinées à l’agroalimentaire pour la confection des confitures, coulis, puis les yaourts et à l’industrie pharmaceutique. L’étiquetage des produits transformés en France, ne comporte aucune obligation de l’origine du fruit. C’est ainsi qu’une confiture de Myrtilles fabriquée en Limousin, réputé pour être une région de production de Myrtilles de qualité, dans un environnement préservé, pourrait tout à fait être fabriquée à base de fruits congelés importés, dont le prix pour le transformateur est beaucoup moins cher qu’un fruit hexagonal.
S’approvisionner auprès d’un producteur est la meilleure façon de s’assurer de la provenance du fruit utilisé dans les produits transformés. Les producteurs en démarche qualité, telle que la production biologique française qui applique le cahier des charges le plus rigoureux, sont très pénalisés par les produits transformés, à partir de baies congelées, en provenance de pays tiers. La région Limousin produit des Myrtilles dans un environnement idéal, d’un point de vue physiologique de la plante et environnemental où elles poussent déjà à l’état naturel. Les producteurs qui cultivent ces buissons œuvrent pour la biodiversité et pour maintenir une activité économique et écologique (en mode bio) dans des régions d’élevage où les possibilités de diversification et d’emploi sont réduites.


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